The Edelstam Foundation

LES JOURNALISTES DÉTENUS DEPUIS LE PLUS LONGTEMPS AU MONDE MARQUENT 25 ANS DERRIÈRE LES BARREAUX ALORS QU’UNE COALITION INTERNATIONALE LANCE UN APPEL MONDIAL EN FAVEUR DE DAWIT ISAAK

22.9.2026 15:00:00 CEST | The Edelstam Foundation | Press Release

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Le 23 septembre marque le 25e anniversaire de la disparition forcée et de la détention arbitraire du journaliste suédo-érythréen Dawit Isaak par les autorités érythréennes. Arrêté aux côtés de plusieurs confrères journalistes en septembre 2001, M. Isaak et ses collègues sont aujourd’hui les journalistes détenus depuis le plus longtemps au monde.

Depuis un quart de siècle, lui et ses collègues emprisonnés sont détenus sans inculpation ni procès, privés de tout contact avec leurs familles, privés des protections juridiques fondamentales et des garanties humanitaires les plus élémentaires.

Dawit Isaak est citoyen suédois et lauréat du prix Edelstam 2024. Depuis lors, la Fondation Harald Edelstam consacre ses efforts, depuis deux ans, à œuvrer en faveur de sa libération, aux côtés d’organisations de défensedes droits humains et d’autres acteurs à travers le monde.

Le Centre Raoul Wallenberg pour les droits de la personne, accompagné d’une vaste coalition internationale d’organisations de défense des droits humains, exhorte les autorités suédoises et de l’Union européenne à prendre des mesures concrètes dans son dossier tant qu’il est encore temps.

Un test pour l’Europe

L’affaire Dawit Isaak constitue un test décisif quant à la volonté et à la capacité de la Suède et de l’Union européenne à protéger leurs citoyens lorsqu’ils sont victimes de graves violations des droits humains à l’étranger. Depuis 25 ans, ce test demeure sans réponse.

Mais il n’est pas trop tard.

Appel mondial à l’action

Depuis 25 ans, les responsables suédois et européens chargés des affaires étrangères, de la protection consulaire et des politiques relatives aux droits de la personne n’ont obtenu aucun progrès significatif dans ce dossier. Compte tenu de la durée exceptionnelle de la détention de M. Isaak et de la gravité des conditions auxquelles il a été soumis, il n’y a plus de temps à perdre.

La Coalition exhorte les autorités suédoises et celles de l’Union européenne à obtenir sans plus attendre :

  • Une preuve de vie;
  • Un accès consulaire;
  • Des soins médicaux indépendants;
  • La libération immédiate de Dawit Isaak et son transfert vers la Suède.

L’Appel mondial à l’action pour Dawit Isaak est dirigé par le Centre Raoul Wallenberg pour les droits de la personne et soutenu par une coalition internationale d’organisations de défense des droits humains composée de : Committee to Protect Journalists (CPJ), Fondation Edelstam, Eritrea Focus, Free Dawit, Global Liberty Alliance, Hostage Aid Worldwide, Human Rights Foundation, Human Rights Solidarity, PEN Eritrea, Reporters sans frontières (Suède).

Aucune reddition de comptes, des familles abandonnées

En septembre 2025, la ministre suédoise des Affaires étrangères, Maria Malmer Stenergard, a publiquement demandé la libération immédiate et inconditionnelle de Dawit Isaak pour des raisons humanitaires. Un an plus tard, les autorités érythréennes ne se sont toujours pas conformées à cette demande et n’ont fourni aucune information significative sur l’endroit où il se trouve ni sur son état de santé.

À ce jour, aucun représentant du régime érythréen n’a été tenu responsable des graves violations commises à l’encontre de M. Isaak.

Les trois enfants de M. Isaak, tous établis en Suède, ont été contraints de grandir sans leur père. Leur espoir, comme celui des nombreuses personnes qui poursuivent leur mobilisation en sa faveur, est que la justice, l’humanité et la compassion finissent par prévaloir.

Citations

«Il est inconcevable que Dawit Isaak ait passé un quart de siècle derrière les barreaux sans inculpation ni procès. Son emprisonnement constitue l’un des cas de détention arbitraire de journaliste les plus longs au monde. Vingt-cinq ans sans liberté, sans procédure régulière et sans contact avec sa famille ne représentent pas seulement un échec de la justice, mais une profonde injustice. Le temps presse. La Suède et l’Union européenne doivent agir avec urgence avant qu’il ne soit trop tard.» – Judith Abitan, directrice générale, CRWDP

«Pendant toutes ces longues années, Dawit a perdu ses parents, décédés sans jamais savoir où il se trouvait ni dans quel état il était. Ses enfants ont grandi sans lui, et il est devenu grand-père sans jamais avoir vu ses petits-enfants. L’entière responsabilité de cette brutalité inhumaine incombe au régime d’Asmara.» – Björn Tunbäck, section suédoise de Reporters sans frontières

«Alors que Dawit Isaak marque 25 années de détention au secret à Eiraeiro, l’Érythrée préside le Forum social 2026 du Conseil des droits de l’homme de l’ONU. Les diplomates se serrent la main à Genève et à New York, mais personne ne peut serrer celle de Dawit Isaak. Le Canada et la Suède devraient mener une démarche conjointe : aucun rôle de leadership au sein de l’ONU pour les régimes qui emprisonnent des journalistes dans des prisons secrètes.» – Burak Batuhan Karakus, directeur général, Human Rights Solidarity

«Vingt-cinq ans ne sont pas un anniversaire à commémorer. C’est un échec qui exige une réponse. Dawit Isaak a passé un quart de siècle en prison sans procès, sans accès consulaire et sans preuve vérifiable qu’il est toujours en vie. Cela devrait constituer un point de rupture, et non un énième anniversaire que le monde souligne avant de tourner la page. L’Érythrée refuse de répondre aux questions les plus élémentaires concernant son sort. La Suède et l’Union européenne ont eu 25 ans pour obtenir sa liberté. Elles doivent maintenant transformer leurs demandes restées sans réponse en conséquences concrètes. L’Érythrée doit rendre des comptes pour ses actes inhumains.» – Nizar Zakka, président, Hostage Aid Worldwide

«Dawit Isaak a passé 25 ans en détention en Érythrée sans inculpation ni procès. Son nom ne devrait pas devoir être invoqué année après année pour rappeler au monde cette injustice monumentale. L’Érythrée doit enfin libérer Dawit et tous les journalistes toujours détenus, et informer les familles du sort de ceux qui sont morts ou ont disparu en détention. La Suède et l’Union européenne doivent faire de ces dossiers une priorité en exigeant des réponses, des comptes et de véritables conséquences pour les responsables. Un quart de siècle après son arrestation, l’affaire Dawit Isaak n’est pas oubliée. C’est un crime qui se poursuit.» – Angela Quintal, directrice Afrique, Committee to Protect Journalists

«Les États-Unis et la Suède devraient faire de la libération de leurs ressortissants détenus en Érythrée une priorité et faire comprendre sans ambiguïté au régime que cette situation doit cesser.» – Jason I. Poblete, président, Global Liberty Alliance Legal Defense Fund (États-Unis)

«Le châtiment infligé à Dawit Isaak, sa détention illégale perpétuelle sans inculpation, sans possibilité de se défendre et privé de ses droits les plus fondamentaux sans procès, ainsi que son statut de mort civile de facto, sont inacceptables. La Suède et l’Union européenne doivent agir immédiatement, car elles échouent à protéger leur propre citoyen sur les plans humanitaire, sécuritaire et des droits humains, tout en manquant à leurs obligations au regard du droit international. Nous demandons respectueusement aux autorités de l’État d’Érythrée de libérer Dawit Isaak ainsi que les autres journalistes et membres du G-15 toujours emprisonnés, ou à tout le moins de révéler immédiatement où il se trouve. Dawit Isaak, ses collègues et leurs familles, eux-mêmes victimes de cette situation, endurent des souffrances inimaginables depuis 25 ans.» – Caroline Edelstam, cofondatrice et présidente de la Fondation Edelstam

Contexte

Dawit Isaak a été arrêté le 23 septembre 2001 aux côtés d’une douzaine de journalistes et de nombreux responsables gouvernementaux qui avaient exprimé leurs préoccupations face au refus du président Afwerki d’introduire des réformes démocratiques.

Depuis lors, lui et ses collègues emprisonnés sont coupés du monde extérieur et privés de leurs droits fondamentaux à une procédure régulière. Plusieurs sont présumés morts. Ceux qui seraient encore en vie continuent d’être détenus au secret dans des conditions inhumaines et opaques.

Le dernier contact direct avec M. Isaak remonte à 2005. Malgré l’absence de toute preuve de vie clairement établie depuis cette date, les autorités suédoises ont déclaré à plusieurs reprises qu’elles continuaient de présumer qu’il est toujours en vie.

M. Isaak fait partie des milliers de prisonniers politiques actuellement détenus en Érythrée.

Contacts

International Coalition

The Global Appeal for Action for Dawit Isaak is led by the Raoul Wallenberg Centre for Human Rights and endorsed by an international coalition of human rights groups, comprised of: Committee to Protect Journalists, Edelstam Foundation, Eritrea Focus, Free Dawit, Global Liberty Alliance, Hostage Aid Worldwide, Human Rights Foundation, Human Rights Solidarity, Pen Eritrea and Reporters Without Borders.

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